Schizophrénie : ‘’La première complication redoutable, c’est la désocialisation », dixit Pr Arouna Ouédraogo 

La schizophrénie est un ensemble de troubles mentaux, graves et chroniques qui évolue le plus souvent à bas bruit sur plusieurs mois, voire plusieurs années avec juste quelques indices qui peuvent passer inaperçus. Dans le contexte africain, les personnes souffrant de cette maladie sont vues comme des personnes ‘’possédées par des génies’’ et qui agissent en eux où qui les force à agir de telle ou telle manière. Non prise en charge à temps, cette maladie peut se compliquer et conduire le patient au suicide. Quelles peuvent être les complications ? Peut-on en guérir ? Quels sont les traitements proposés ? Pr Arouna Ouédraogo, Chef de service psychiatrique au CHU Yalgado Ouédraogo répond à nos questions. 

Quelles peuvent être les complications de la schizophrénie ?

– La première complication redoutable, c’est la désocialisation. Ce sont des sujets qui peuvent s’exclure de la société ou parfois, en raison de la manifestation de la maladie, c’est plutôt la société qui les exclut. Dans un cas ou dans l’autre on peut assister à ces complications sociales à type de désocialisation.

– L’autre complication c’est que du point de vue professionnel ou scolaire, en raison de la gravité de la maladie, il peut avoir de grandes perturbations dans ce domaine. On a également observé que ce sont des patients qui peuvent mourir de suicide de manière beaucoup plus fréquente.

Peut-on en guérir ?

Il y a des formes qui sont très sensibles au traitement pour lesquelles on peut avoir dans une infirme partie des cas, une guérison clinique. Le plus souvent ce sont des maladies qui peuvent évoluer avec des périodes de rémission accompagnées de rechute. Parfois on peut assister à une stabilisation sur plusieurs années. Mais on n’est jamais à l’abri des rechutes dans certaines formes graves de la maladie.

Quels sont les traitements proposés ?

Le traitement comporte trois volets :

– Il y a les médicaments appelés antipsychotiques qui peuvent agir sur les symptômes positifs de la maladie et qui peuvent aussi permettre une stabilisation ;

– A côté des médicaments, il y a l’accompagnement psychologique parce que tous les malades doivent pouvoir bénéficier de la psychothérapie adaptée en fonction de l’état du patient. Il faut aussi impliquer la famille dans la psycho éducation pour que le patient sache ce que l’on peut faire, ce que l’on ne doit pas faire, ce qu’il faut éviter ;

– Le troisième volet, c’est la réadaptation sur le plan social et professionnel qui peut parfois aussi être long puisque ce sont des malades qui peuvent avoir des difficultés pour se remettre au travail ou trouver de l’emploi.

Des conseils à l’endroit des populations ?

Le plus souvent, la schizophrénie est une complication des affections aigues non traitées ou insuffisamment prise en charge. Il faut toujours consulter le plus rapidement possible dès lors qu’il y a l’apparition de troubles du comportement qui inquiètent l’entourage. Ce sont des maladies qui évoluent à bas bruit parfois sur plusieurs mois, sur plusieurs années avec juste quelques indices qui peuvent passer inaperçus.

A l’endroit des familles, en cas de changement du comportement, il est toujours important de demander l’avis des psychiatres parce que si ces manifestations sont prises en charge à temps, le pronostic peut être nettement amélioré.

Madina Belemviré

 

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