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Accès aux soins au Burkina Faso : 90 % des usagers satisfaits de l’accueil dans les centres de santé un rapport de veille citoyenne

Le système de santé burkinabè a fait preuve d’une certaine résilience en 2025 malgré un contexte sécuritaire et humanitaire difficile. Présenté lors d’une conférence de presse organisée par le Réseau Accès aux Médicaments Essentiels (RAME), le rapport alternatif de veille citoyenne révèle que la majorité des usagers interrogés se disent satisfaits des services reçus dans les formations sanitaires publiques.

Neuf usagers sur dix déclarent avoir été bien accueillis lors de leur passage dans les centres de santé. Dans un contexte marqué par des défis sécuritaires, humanitaires et financiers persistants, ce chiffre figure parmi les constats encourageants du rapport alternatif de veille citoyenne 2025 sur l’accès aux soins de santé au Burkina Faso, présenté le 30 mai 2026 lors d’une conférence de presse organisée par le Réseau Accès aux Médicaments Essentiels (RAME).

Le système de santé burkinabè a fait preuve d’une certaine résilience en 2025 malgré un contexte difficile. Le rapport révèle que la majorité des usagers interrogés se disent satisfaits des services reçus dans les formations sanitaires publiques. Élaboré dans le cadre du suivi communautaire de l’Observatoire Citoyen sur l’Accès aux Services de Santé (CLM-OCASS), le document s’appuie sur les données collectées dans 869 formations sanitaires réparties dans 90 % des districts sanitaires du pays. Présentant les résultats lors de la conférence de presse, Aymar Ziba, chargé de suivi-évaluation au sein de REVS Plus, l’une des structures partenaires du RAME dans la mise en œuvre du suivi dirigé par la communauté (CLM-OCASS), a mis en avant les avancées observées tout en soulignant les difficultés persistantes. Les organisations partenaires, dont REVS Plus, REGIPIV et AFAFSI, ont documenté tout au long de l’année les expériences des usagers et des prestataires afin d’évaluer l’accès effectif aux soins pour plusieurs maladies prioritaires.

Les journalistes lors de la conférence de presse

Au-delà de l’accueil, les résultats montrent que 99 % des personnes interrogées estiment que leurs droits ont été respectés au sein des structures sanitaires. La satisfaction reste également très élevée dans la prise en charge du VIH, où 99 % des bénéficiaires interrogés se déclarent satisfaits des prestations reçues. La proportion des personnes vivant avec le VIH ayant bénéficié de séances d’éducation thérapeutique a progressé, passant de 77 % en 2024 à 84 % en 2025.

Des avancées sont également observées dans la lutte contre la tuberculose et le paludisme. Plus de neuf responsables de formations sanitaires sur dix affirment que la prise en charge de la co-infection tuberculose-VIH est effective. Concernant le paludisme, les pratiques de diagnostic semblent davantage conformes aux recommandations nationales et 85 % des mères d’enfants de moins d’un an déclarent que leurs enfants ont bénéficié de la chimioprévention saisonnière.

Le rapport souligne aussi la résilience des agents de santé qui continuent d’assurer les soins malgré les contraintes auxquelles le système sanitaire est confronté. Toutefois, plusieurs difficultés persistent. Des ruptures d’antirétroviraux ont été signalées dans certains districts sanitaires, tandis que des ruptures de produits antituberculeux, de tests de diagnostic du paludisme et d’autres intrants ont également été relevées. Plus de la moitié des formations sanitaires visitées rapportent avoir connu des ruptures de stocks de médicaments traceurs au cours de l’année.

Pour les auteurs du rapport, ces constats montrent que des progrès réels ont été enregistrés dans la qualité des services et la satisfaction des usagers. Ils rappellent cependant que l’amélioration durable de l’accès aux soins passe encore par une meilleure disponibilité des médicaments, un renforcement des ressources humaines et une prise en compte accrue des préoccupations exprimées par les communautés.

Madina Belemviré

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