Vaccin contre le paludisme : pourquoi donner encore des médicaments de prévention à l’enfant ?
Mon enfant a reçu le vaccin contre le paludisme. Doit-il encore prendre les médicaments de chimio-prévention ? C’est une question que des parents peuvent légitimement se poser : « Si mon enfant est vacciné, pourquoi lui donner encore des médicaments pour prévenir le paludisme ? »

Le Dr Aristide Djiguimde, pédiatre, explique pourquoi les deux peuvent être utilisés ensemble.
Le vaccin apprend à l’organisme à mieux se défendre contre le paludisme. Il stimule le système immunitaire pour qu’il puisse reconnaître le parasite et réagir lorsqu’il est confronté à lui. Mais la réponse au vaccin peut varier d’un enfant à l’autre et elle peut aussi évoluer avec le temps.
La chimio-prévention agit autrement. Pendant une période où les enfants sont particulièrement exposés aux piqûres de moustiques, elle permet de maintenir le médicament dans l’organisme. Si un parasite du paludisme est transmis lors d’une piqûre, le médicament peut alors agir sur lui avant qu’il ne se multiplie suffisamment pour provoquer la maladie.
On a donc deux mécanismes qui se complètent à savoir le vaccin qui renforce les défenses de l’organisme et la chimio-prévention agit directement sur le parasite. Les utiliser ensemble permet de renforcer la protection de l’enfant pendant les périodes où le risque de paludisme est élevé.
L’Organisation mondiale de la Santé recommande d’ailleurs que les vaccins antipaludiques soient utilisés en complément d’autres interventions de prévention, notamment la chimioprévention et les mesures de lutte contre les moustiques. ([Organisation mondiale de la santé][1])
Mais la prévention ne s’arrête pas aux médicaments. Même vacciné et ayant reçu une chimioprévention, l’enfant doit continuer à être protégé contre les piqûres de moustiques. Le spécialiste recommande donc de dormir chaque nuit sous une moustiquaire imprégnée, d’utiliser des répulsifs lorsqu’ils sont recommandés et d’assainir le milieu, notamment en éliminant les eaux stagnantes où les moustiques peuvent se reproduire.
Et si l’enfant présente de la fièvre, il ne faut pas penser que le vaccin ou la chimioprévention excluent forcément le paludisme. Il faut consulter rapidement afin que l’enfant soit correctement évalué et, si nécessaire, testé.
Madina Belemviré

