Hémorragie du post-partum : la SOGOB renforce le rôle des sages-femmes dans la riposte
Après un accouchement, tout peut sembler aller pour le mieux. Puis, en quelques instants, la situation peut basculer. Une hémorragie du post-partum survient et impose une réponse immédiate. Au Burkina Faso, cette complication reste l’une des principales causes de décès maternels, représentant environ 30 % des décès liés à la grossesse et à l’accouchement.

Face à cette urgence, la Société des gynécologues et obstétriciens du Burkina (SOGOB) a choisi de ne pas agir sur un seul front. Du 20 au 21 août 2026 à Bobo-Dioulasso, elle a réuni 38 sages-femmes pour un atelier de plaidoyer consacré à la prévention et à la prise en charge de l’hémorragie du post-partum.
Pourquoi les sages-femmes ? Parce qu’elles sont souvent les premières à faire face à l’urgence.
« Ce sont elles qui les reçoivent avant qu’elles n’arrivent dans certains centres de référence », explique le Pr Yobi Alexis Sawadogo, point focal du projet. Pour la SOGOB, renforcer leur capacité d’action est donc aussi important que de plaider pour la disponibilité des médicaments nécessaires.
Car avoir les bonnes molécules dans les formations sanitaires ne suffit pas. Encore faut-il que les professionnelles qui se trouvent au contact des patientes sachent reconnaître rapidement les signes, appliquer les protocoles et poser les premiers gestes.

L’atelier de Bobo-Dioulasso constitue la troisième et dernière étape d’une série de rencontres organisées par la SOGOB afin de toucher les sages-femmes à travers le pays. Le choix de la capitale économique de l’Ouest répond ainsi à une logique de couverture géographique. Mais la rencontre ne s’est pas limitée à des présentations.
Pendant deux jours, les participantes ont partagé leurs expériences, leurs pratiques et les solutions mises en œuvre dans leurs différentes formations sanitaires. Une « rencontre du donner et du recevoir », selon le Pr Sawadogo, qui estime que chacun a pu découvrir ce qui fonctionne ailleurs et réfléchir à ce qui peut être reproduit sur son propre terrain.
Au delà de la prise en charge, la SOGOB veut également faire des sages-femmes des relais du plaidoyer. L’enjeu est de porter le sujet au-delà des salles d’accouchement, auprès des communautés mais aussi des décideurs, afin de renforcer les politiques publiques et la disponibilité des ressources nécessaires.
Parmi les engagements rappelés à l’issue de la rencontre figurent la surveillance du saignement après l’accouchement, la disponibilité des produits essentiels, l’application rapide des protocoles nationaux et l’activation sans délai de la référence lorsque la situation l’exige.
La sensibilisation des femmes et de leurs familles fait également partie de cette réponse. Car réduire les décès liés à l’HPP suppose aussi de limiter les retards dans le recours aux soins.
Avec cet atelier, la SOGOB poursuit donc un même objectif qui est de faire en sorte qu’une complication connue et prise en charge à temps ne se transforme pas en drame évitable.
Cette initiative est organisée par la SOGOB avec l’accompagnement du Ministère de la Santé, d’Enda Santé et de KENAYA Impact.
Lise Ouédraogo

