Burkina Faso : la situation du paludisme “n’est guère reluisante” (Ministre)

Le ministre burkinabè de la Santé et de l’Hygiène Publique Dr Robert Lucien Jean-Claude Kargougou a indiqué dimanche soir, dans une déclaration, qu’au Burkina Faso, la situation du paludisme n’était guère reluisante avec 4 355 décès liés à la maladie enregistrés en 2021.

Au Burkina Faso, la situation du paludisme n’est guère reluisante. Cette maladie reste toujours le problème majeur de santé publique.  Les femmes enceintes et les enfants de moins de cinq ans payent le plus lourd tribut“, a indiqué Dr Kargougou en prélude à la journée mondiale contre le paludisme commémorée ce lundi.

En 2021, 12 231 036 cas ont été enregistrées dans nos formations sanitaires, avec 605 504 cas de paludisme grave et malheureusement 4 355 décès, a-t-il révélé, invitant les Burkinabè à s’engager personnellement dans la lutte contre cette maladie à travers l’observance de comportements favorables à la lutte contre le paludisme.

Je voudrais aussi féliciter et encourager tous les acteurs de la lutte à tous les niveaux, surtout les partenaires techniques et financiers et les organisations de la société civile qui ne ménagent aucun effort dans la lutte contre cette endémie“, a-t-il dit.

Pour le ministre, “en unissant nos forces et avec un engagement communautaire renforcé, nous pouvons faire reculer le nombre de cas et de décès dus au paludisme dans notre pays“.

Il a ajouté qu’il était impérieux que “nous définissions ensemble une vision commune dans la mobilisation des ressources internes et domestiques et nous assurer de leur pérennité pour en venir à bout du fléau et faire du Burkina Faso, un pays sans paludisme“.

Cette année, la Journée mondiale de lutte contre le paludisme est commémorée sous le thème : “Innover pour réduire la charge du paludisme et sauver des vies”.

Qu’est-ce que le paludisme ?

Dr Mikaila Kaboré

Dans une interview accordée à “Bulletin santé” Dr. Mikaila Kaboré, médecin infectiologue en service au Centre hospitalier régional de Ziniaré, a expliqué que le paludisme est une maladie infectieuse potentiellement mortelle due à un parasite du genre Plasmodium. Ce dernier est transmis à l’homme par les piqûres de moustiques infectés appelés anophèles, a-t-il dit.

Revenant sur les chiffres de la maladie, il a expliqué que L’Afrique, particulièrement la partie subsaharienne demeure la région la plus touchée par le paludisme dans le monde. En effet, le rapport 2021 de l’organisation mondiale de la santé (OMS) indiquait que 95% des 241 millions de cas mondiaux de paludisme et 96% des 627 000 décès ont été enregistrés en Afrique. Six pays africains comptabilisent un peu plus de la moitié des cas de décès dus au paludisme dans le monde à savoir le Nigeria, la République démocratique du Congo, la Tanzanie, le Mozambique, le Niger et le Burkina Faso. Au même moment, des pays d’Afrique du Nord notamment l’Algérie, l’Egypte et le Maroc sont dans une dynamique menant vers l’élimination de la transmission de la maladie.

Dr. Mikaila Kaboré a soutenu que plusieurs facteurs peuvent expliquer le nombre de cas élevé du paludisme sur le continent africain.

Des facteurs biologiques : les enfants de moins de cinq ans et les femmes enceintes constituent une forte proportion des populations en Afrique, eu égard de la pyramide des âges et de l’indice de fécondité des femmes. Leur exposition et leur vulnérabilité est supérieure au reste de la population.

Des facteurs environnementaux : les conditions de température, de précipitations, d’humidité et le relief dans certaines parties au Sud du Sahara semblent favorables au développement des vecteurs et au cycle de vie du parasite à l’intérieur de ces moustiques et influent sur la transmission du paludisme.

Des facteurs socioéconomiques : la pauvreté et le faible niveau d’instruction des populations leurs imposent des conditions de logement, d’hygiène et d’assainissement difficiles, pérennisant la cohabitation avec les moustiques, réduisant les chances d’accès aux soins et des interventions de lutte contre la maladie.

Il a indiqué que la prise en charge du paludisme au Burkina Faso est organisée selon les recommandations de l’OMS à l’endroit des pays africains. Elle est faite autour de trois volets essentiellement :

– Le diagnostic : il est réalisé au sein de toutes les formations sanitaires du pays à l’aide de la microscopie et/ou les tests de diagnostic rapide (TDR) du paludisme. Il bénéficie de l’aide des agents de santé à base communautaire (ASBC),

– Le traitement rapide des cas : qui se fait essentiellement avec les combinaisons thérapeutiques à base d’artémisinine (CTA) ou les médicaments injectables selon le type de paludisme.

– La prévention : elle concerne plusieurs volets tels que la lutte antivectorielle (pulvérisation intra domiciliaire), l’utilisation de moustiquaires imprégnées d’insecticides à longue durée d’action, la chimioprophylaxie du paludisme saisonnier au profit des enfants de moins de cinq ans et le traitement préventif intermittent lors de la grossesse.

La mise en œuvre de ces trois volets bénéficie de l’appui des acteurs du monde communautaire à travers les agents de santé à base communautaire surtout dans les zones dont l’accessibilité géographique aux formations sanitaires est difficile, a-t-il conclu.

DANY T

 

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