Du choix à la survie : comment la planification familiale protège les femmes burkinabè
Les données de l’Enquête Démographique et de Santé (EDSBF-V) de 2021 révèlent une avancée majeure. La mortalité maternelle a reculé de 341 à 198 décès pour 100 000 naissances vivantes en une décennie. Cette amélioration reflète, entre autres, l’impact de la planification familiale, dont l’usage croissant des méthodes modernes a contribué à sauver des vies de femmes.

Bien plus qu’un simple choix de couple, la planification familiale est un outil de santé publique qui sauve des vies. Chaque grossesse planifiée et espacée réduit fortement le risque d’hémorragie, d’infection ou d’accouchement compliqué. Elle favorise également un meilleur suivi prénatal, car les grossesses sont mieux anticipées et préparées.
Les preuves scientifiques abondent. Une métanalyse de 19 études montre que l’usage de contraceptifs modernes, notamment les implants, réduit significativement les infections postpartum, les hémorragies et les réadmissions hospitalières https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC10947693/?utm. Au Bangladesh, le programme de planification familiale du district de Matlab, combiné à un suivi communautaire, a entraîné une baisse notable des complications obstétricales et de la mortalité maternelle (source).
En Afrique, l’expérience est similaire. En Éthiopie rurale (Tigray), les femmes n’ayant jamais utilisé de contraception avaient 158 % de risque en plus de mourir de causes liées à la grossesse ou à l’accouchement https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC10947693/?utm_. Des études montrent également que l’espacement optimal des naissances réduit le risque de prééclampsie, de dystocie et de complications placentaires.https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/17403398/.
Lorsque les grossesses sont planifiées, les femmes peuvent anticiper leur suivi prénatal, détecter précocement des pathologies graves et mieux préparer l’accouchement, renforçant ainsi la sécurité de chaque maternité.https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/37586135/.
La situation au Burkina Faso confirme ces tendances. Selon l’EDSBF-V 2021, la mortalité maternelle est passée de 341 à 198 décès pour 100 000 naissances vivantes en dix ans, dû en partie à l’augmentation de l’usage des méthodes modernes et de la demande satisfaite en planification familiale.
En 1993, seulement 4 % des femmes en union utilisaient une méthode moderne. En 2021, elles sont 32 %, avec une préférence pour les implants (16 %), les injectables (8 %) et la pilule (3 %). Cette progression traduit une meilleure information et un accès élargi aux services de santé reproductive, surtout chez les femmes instruites et celles issues de ménages plus favorisés.
Chez les femmes non en union mais sexuellement actives, l’usage des méthodes modernes est passé de 13 % en 1993 à 59 % en 2010, avant de se stabiliser. La demande satisfaite en planification familiale chez les femmes en union a, quant à elle, bondi de 37 % en 2010 à 64 % en 2021. Ces chiffres montrent que de plus en plus de besoins sont couverts, réduisant les grossesses non désirées ou rapprochées et les risques associés.
En définitive, le Burkina Faso illustre parfaitement que renforcer l’accès à la planification familiale moderne est un investissement direct dans la santé et la vie des femmes. Les progrès réalisés démontrent que des politiques de santé ciblées, soutenues et équitables peuvent transformer durablement la vie des mères et de leurs enfants.
Madina Belemviré

