Nouveau-nés : attention aux bisous !
Embrasser un bébé est une façon naturelle de montrer son affection, mais cela peut exposer le nourrisson à des infections sérieuses, surtout au cours des premiers mois de sa vie. Le pédiatre Dr Aristide Arthur Kiswensida Djiguimdé souligne les précautions essentielles pour protéger sa santé.

À l’arrivée d’un bébé, tous les regards se tournent, les sourires s’élargissent et les mains se tendent. Rapidement, les lèvres suivent, prêtes à atterrir sur les joues du nouveau-né, et parfois même sur sa bouche. Ce rituel affectueux, accompli spontanément par les parents, grands-parents, tantes, oncles et visiteurs, et aussi les frères et sœurs du bébé n’est pas sans risque.
Le Dr Aristide Arthur Kiswensida Djiguimdé explique que, même avec les meilleures intentions, embrasser un nourrisson revient à approcher des lèvres jamais totalement exemptes de germes de son corps. Ces germes sont invisibles, discrets et souvent inoffensifs chez l’adulte, mais peuvent être extrêmement dangereux pour un nouveau-né, dont le système immunitaire est encore immature. De simples bactéries ou virus respiratoires, bénins chez un adulte, peuvent devenir sévères, voire mettre la vie du bébé en danger.

Le pédiatre insiste sur le fait que les baisers sur la bouche, le nez ou les yeux doivent être évités, car ils augmentent fortement le risque de transmission d’infections, y compris l’herpès, particulièrement dangereux chez les nourrissons.
Même un éternuement trop proche du visage du bébé peut suffire à l’exposer. Cependant, montrer son affection ne doit pas poser problème : le médecin recommande simplement de se laver soigneusement les mains avant tout contact avec le nourrisson ou d’utiliser une solution désinfectante, d’éviter tout contact si l’on a un rhume, une toux ou un bouton de fièvre, et de réserver les baisers à des zones moins sensibles comme le sommet de la tête ou les pieds, tout en évitant les mains que le bébé porte souvent à sa bouche.
Les premiers mois de vie, et encore plus pour les prématurés, constituent une période de grande vulnérabilité, justifiant une prudence accrue, surtout lors des saisons où les infections respiratoires sont fréquentes. Protéger un enfant ne signifie pas réduire l’affection, mais l’exprimer autrement. Comme le résume le Dr Djiguimdé, éviter les baisers sur le visage d’un nouveau-né n’est pas un refus d’amour, mais une mesure vitale pour protéger sa santé fragile.
Madina Belemviré

