Reins : « Nous recevons beaucoup de patients qui présentent une insuffisance rénale secondaire à la prise de substances néphrotoxiques », Dr Fatimata Diallo

La néphrotoxicité correspond à tous les agents pouvant endommager le bon fonctionnement des reins. Comment savoir que nos reins sont atteints ? Comment prévenir la néphrotoxiocité ? Néphrologue au CHU de Tengandogo, Dr Fatimata Diallo réponds aux questions de Bulletin santé.

Comment se fait le diagnostic de la néphrotoxicité ?

Le diagnostic se fait en général sur l’analyse des résultats sanguins qui se  traduisent par l’élévation des chiffres de créatinine sanguine et une diminution de la quantité d’urine émise.

Dans notre contexte c’est à posteriori, en général à l’interrogatoire que l’on retrouve, la prise de substances néphrotoxiques, pouvant expliquer l’atteinte rénale, car en général, les patients n’ont pas de bilan rénal antérieur .

Avez-vous déjà reçu des patients pour cause de néphrotoxicité ? Est-ce fréquent dans nos contrées ?

Nous recevons beaucoup de patients qui présentent une insuffisance rénale secondaire à la prise de substances néphrotoxiques. Dans le meilleur des cas pour la phase aigüe, à l’arrêt de l’agent identifié, la restauration d’une bonne hydratation et la correction des troubles  associés, le patient récupère sa fonction rénale.

Dans les cas moins heureux, nous les recevons à un stade tardif où l’atteinte rénale est sévère, irréversible et la seule thérapeutique qui reste est le traitement substitutif qui est soit la dialyse ou la transplantation rénale.

Comment prévenir  la néphrotoxicité ?

C’est tout d’abord éviter l’automédication, l’association de classes de médicaments néphrotoxiques, surtout pour les patients présentant un ou plusieurs facteurs de risque de néphrotoxicité.

Préparer les malades avant la réalisation d’imagerie nécessitant l’injection de produits de contraste iodé, également espacer la réalisation d’exposition aux agents iodés.

Des conseils à l’endroit des populations ?

A l’endroit de mes jeunes confrères, je demanderais d’arrêter les médicaments et ou les substances néphrotoxiques en cours et de prendre l’avis d’un néphrologue ou de référer vers le spécialiste dès que le patient présente : des stigmates d’atteintes rénales qu’ils n’arrivent pas à juguler et de proscrire la prescription de diurétiques quand il y a une atteinte rénale aigue surtout secondaire aux néphrotoxiques.

Aux populations, nous les exhortons à consulter la structure médicale la plus accessible, éviter l’automédication et surtout l’association de médicaments, car ce sont les plus pourvoyeuses de néphrotoxicité.

Madina Belemviré

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

dix-neuf + seize =