Trembler ne veut pas toujours dire maladie de Parkinson
Quand les tremblements apparaissent, la peur de la maladie de Parkinson surgit souvent bien avant qu’un diagnostic ne soit posé. Pourtant, le corps peut trembler pour de nombreuses raisons, et toutes ne sont pas liées à cette maladie. Le Dr Richard Sawadogo, neurologue, explique comment les spécialistes font la différence et sur quels éléments ils s’appuient pour établir un diagnostic.

Distinguer un simple tremblement d’un signe de trouble neurologique est un défi pour les spécialistes. Le Dr Richard insiste qu’aucun diagnostic ne repose sur un seul signe. Le neurologue tient compte d’un ensemble d’éléments cliniques, du mode de vie du patient et parfois d’examens complémentaires. L’observation du tremblement est la première étape, car sa fréquence, son intensité, sa régularité et le moment où il apparaît, au repos ou en mouvement, donnent déjà des indications importantes.
Mais l’examen ne s’arrête pas là. Selon le Dr Richard, c’est en observant les autres symptômes associés que le neurologue identifie un ensemble cohérent appelé syndrome. Cela permet, par exemple, de reconnaître un syndrome parkinsonien, souvent confondu avec la maladie de Parkinson, mais qui n’est pas toujours la même chose.
Dans la véritable maladie de Parkinson, le tremblement est un tremblement de repos. Il est lent, d’intensité modérée et apparaît d’abord d’un seul côté du corps avant de s’étendre. Trois grands symptômes l’accompagnent : l’akinésie ou bradykinésie, qui ralentit les mouvements et rend l’écriture plus petite ; l’hypertonie, qui provoque une raideur musculaire permanente ; et les troubles posturaux, qui modifient la marche avec des pas courts et un corps penché en avant. L’association de ces signes donne le tableau typique du syndrome parkinsonien.
Mais, souligne le Dr Richard, tout syndrome parkinsonien n’est pas une maladie de Parkinson. D’autres affections peuvent donner des symptômes similaires, comme certains médicaments, des lésions vasculaires, des tumeurs, des atteintes du cervelet ou encore la maladie de Wilson, qui touche à la fois le foie et le système nerveux. Il existe aussi des syndromes Parkinson « plus », où d’autres zones du cerveau sont atteintes, provoquant des troubles des mouvements oculaires, des chutes précoces ou des modifications du comportement.
Pour différencier ces affections, plusieurs éléments sont pris en compte. Le Dr Richard explique que le tremblement parkinsonien est plus lent, autour de quatre à six oscillations par seconde, alors que le tremblement essentiel est plus rapide et souvent symétrique.
Dans la maladie de Parkinson, le tremblement débute d’un seul côté, alors qu’il est bilatéral dès le départ dans le tremblement essentiel. Ce dernier n’est pas accompagné de raideur ni de lenteur, mais une prédisposition familiale est fréquente. Une bonne réponse au traitement par L-dopa, qui compense le manque de dopamine, renforce la suspicion de maladie de Parkinson.
Des examens complémentaires peuvent aider à confirmer le diagnostic. L’imagerie cérébrale, telle que l’IRM ou le scanner, permet de vérifier l’absence de tumeur, d’accident vasculaire ou de lésion du cervelet. Des analyses sanguines peuvent évaluer la fonction thyroïdienne et rechercher d’éventuels effets de médicaments.
Un diagnostic précoce, insiste le Dr Richard, améliore la prise en charge et la qualité de vie. Un bon suivi médical, le respect du traitement, un sommeil réparateur, une activité physique régulière et une vie sociale active sont de précieux alliés pour ralentir l’évolution de la maladie. Tous les tremblements ne sont donc pas synonymes de maladie de Parkinson. Ils peuvent révéler d’autres causes, parfois bénignes ou temporaires. L’essentiel, rappelle le Dr Richard Sawadogo, c’est de ne pas rester dans la peur. Mieux vaut comprendre ce que dit le corps, car un tremblement expliqué vaut toujours mieux qu’une peur entretenue.
Madina Belemviré

