Infections génitales masculines :elles peuvent être responsables d’hypofertilité ou de stérilité si elles sont mal ou non traitées

Les infections génitales masculines sont assez fréquentes dans tous les pays et représentent le 2ème site d’infection après les infections respiratoires. Plus communément appelées infections urogénitales masculines, ces infections sont des colonisations de la filière génitale de l’homme par des germes. Ces germes sont variés : les bactéries, des virus (comme le virus responsable des oreillons…) ou des parasites. On peut retrouver une infection à certains germes classés spécifique comme celui responsable de la tuberculose (Mycobacterium tuberculosis). Tout savoir sur ces infections avec le Dr Panba Sama, médécin urologue andrologue en service au CHR de Ziniaré.

Quelles sont les différents types d’infections génitales masculines?

Les infections génitales masculines peuvent toucher :

– Les vésicules séminales : il s’agit d’une vésiculite,
– Les épididymes : il s’agit de l’épididymite,
– Les testicules : il s’agit de l’orchite,
L’urètre : il s’agit de l’urétrite communément appelée la «chaude pisse»,
– La prostate : il s’agit de la prostatite.

De façon habituelle l’infection peut toucher plusieurs éléments, comme dans les orchi épididymites (infection du testicule et de l’épididyme) pouvant associer une urétrite (infection de l’urètre) ou une prostatite (infection de la prostate).

Quelles sont les causes et les facteurs favorisants ?

Les facteurs favorisants et les causes des infections génitales masculines sont fonctions de l’âge.

Chez l’enfant (moins de 15 ans), les facteurs favorisants sont :

-L’existence d’une malformation uro génitale, (valve de l’urètre postérieur, un phimosis),
– La présence d’un obstacle à l’évacuation des urines (calcul vésical ou calcul enclavé dans l’urètre).

Chez le sujet jeune (plus de 15 ans) et l’adulte (35 -40 ans), sujets sexuellement actifs, les facteurs favorisants sont le plus souvent :

– Les comportements sexuels à risque et les germes en causes dans 70% des cas sont des germes sexuellement transmissibles (Neisseria gonorrhoeae ou gonocoque responsable de la gonococcie, Trepomema pallidum responsable de la syphilis, les chlamydias et mycoplasmes). Ces infections rentrent donc dans le cadre d’infections sexuellement transmissibles.
D’autres causes peuvent être retrouvées dans cette catégorie : les sténoses de l’urètre, les calculs de vessie ou de l’urètre, la maladie du col vésical.

Après 50 ans, les causes et facteurs favorisants sont essentiellement les obstacles sous vésicaux : l’hypertrophie bénigne de la prostate, le cancer de la prostate, les calculs urinaires, les sténoses de l’urètre et la maladie du col.
Dans ce cas, les germes le plus souvent en cause sont les germes habituels des infections urinaires : Escherichia coli, les Klebsiella, proteus mirabilis, sthaphylocoque,….

L’infection se fait habituellement par voie rétrograde, par passage du germe en suivant l’urètre de façon ascendante pour aller coloniser les canaux déférents, la prostate, les vésicules séminales, l’épididyme et le testicule.

L’infection peut également survenir à travers le sang dans le cadre d’une infection généralisée appelée sepsis surtout chez les personnes dont l’organisme est fragilisé par une autre maladie préexistante.

Comment on les prend en charge ?

Le traitement des infections génitales est basé sur le germe en cause et la prise en charge des facteurs favorisants :

– En cas d’isolement de germes (bactéries, mycoses, parasites), on prescrit les antibiotiques, les antimycosiques ou les antiparasitaires adaptés. Les délais de traitement sont variables.

En générale en cas de cause virale, on traite seulement les symptômes ( anti-inflammatoires, des antalgiques simples….).

Dans tous les cas il faut rechercher un facteur favorisant et le prendre en charge pour éviter les récidives et les complications.

NB : Dans le cadre d’infection sexuellement transmissible, le ou tous les partenaires doivent être prises en charge.

Quels sont les risques ou complications liés aux infections génitales masculines?

Mal ou non traitées les infections qui sont au début aigues peuvent rentrer dans la chronicité et devenir des infections chroniques, avec des symptômes qui vont persister et perdurer dans le temps. A ce stade il n’existe pas de traitement efficace et certain à 100%.

– Ces infections chroniques peuvent altérer la qualité de vie à cause des symptômes qui vont perdurer.

– Elles peuvent être responsables d’hypofertilité ou de stérilité : obstruction unilatérale ou bilatérale des canaux déférents (qui sont les canaux d’évacuation du sperme), destruction des cellules germinales responsable de la spermatogénèse (fabrication des spermatozoïdes), fabrication des anticorps anti spermatozoïdes (qui peuvent détruire les spermatozoïdes)

– Dans les urétrites on peut avoir un rétrécissement ou une sténose de l’urètre à long terme avec une impossibilité à émettre des urines et dont l’évolution même après une prise en charge est imprévisible.

Conseils à l’ endroit de la population ?

– Chez les hommes en activité sexuel : respecter les précautions pour éviter les infections sexuellement transmissibles (port du préservatif, partenaire unique, abstinence/fidélité…).

– Dans tous les cas d’infections génitales masculines il faut consulter dès l’apparition des premiers symptômes.

– Ne pas oublier que les complications peuvent compromettre la fonction reproductrice de l’homme ainsi que la miction.

Madina Belemviré

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