Traitement des cancers au Burkina : 1 patient sur 5 abandonne par faute de moyens (Dr Bouda)

Les cancers de l’enfant sont des cancers qui surviennent entre la naissance et l’âge de 19 ans. Au Burkina Faso, la prise en charge n’est pas accessible aux populations en termes de coût. Un patient sur 5 abandonne le traitement par faute de moyens. Dr Gabrielle Chantal Bouda, médecin onco pédiatre au CHU Yalgado nous apporte des éclaircissements sur le sujet.

Comment se passe la prise en charge des cancers  de l’enfant?

Elle ne peut se faire qu’en milieu hospitalier parce que ce sont des maladies particulières.

Présentement au Burkina, il y a trois sites de prise en charge : deux à Ouagadougou et un à Bobo Dioulasso. A Ouagadougou, selon le type de cancer, les patients sont traités soit à Yalgado soit A Charles de Gaulle.

La prise en charge est longue et commence par l’implication des parents qui doivent venir consulter. Elle fait intervenir plusieurs spécialistes pour pouvoir faire le diagnostic et le traitement : des pédiatres des radiologues, des anatomopathologistes, des ophtalmologues, plusieurs types de chirurgiens, des infirmiers, des psychologues et des travailleurs sociaux.

Le traitement comporte plusieurs volets : la chimiothérapie, la chirurgie, la radiothérapie parfois et d’autres types de traitements pour certains cancers, dont nous ne disposons pas pour l’instant.

Est-ce accessible aux populations ?

En terme de coût, ce n’est pas vraiment à la portée du burkinabè moyen. Jusque-là, nous bénéficions de l’aide du groupe franco-africain d’oncologie pédiatrique (GFAOP) en ce qui concerne les médicaments anticancéreux (pour faire la chimiothérapie) pour les sites de Ouaga.

Cela s’inscrit dans le cadre d’un un réseau de 18 pays francophones membres de cette association qui partagent les mêmes protocoles de traitement. Ce n’est pas suffisant, mais pour le moment c’est notre principale source d’approvisionnement qui ne va pas tarder à tarir.  En dehors des médicaments, il y a tout les examens pour faire le diagnostic et pour déterminer l’étendue de la maladie.

Avec la chimiothérapie, il faut bien hydrater l’organisme pour éliminer les déchets. Cela nécessite l’achat de sérum. Il y a aussi le traitement des infections (la chimiothérapie entraine une baisse des défenses de l’organisme qui occasionne des infections). Il ne faut pas oublier les bilans de contrôle et tous les autres frais occasionnés par les déplacements et hospitalisations répétées.

Pour traiter un lymphome de Burkitt par exemple, il faut débourser autour de un million.

Pour la leucémie, c’est au moins 1 million et demi pour ne donner que ces deux exemples. C’est vrai que ce n’est pas sur place qu’il faut les débourser. Cela peut s’étaler sur 5mois à 2 ans et demi selon les cas.

Il ne faut pas oublier non plus que les parents sont obligés d’arrêter de travailler ou en tout cas de réduire leurs activités pour s’occuper de l’enfant malade. .

Avez-vous enregistré des abandons par faute de moyens ?

1 patient sur 5 abandonne le traitement et la raison principale c’est le manque de moyen. Les gens arrivent à un moment où ils sont à court de moyens et ils ne peuvent pas poursuivre la prise en charge. Ils partent et ne reviennent pas ou partent sans demander avis. Notre bataille actuelle c’est d’arriver à avoir les patients à un stade précoce.

Madina Belemviré

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